Point n'est besoin de rolex ou de kärcher, de gadgets électroniques, de repas au Fouquet's ou d'amis milliardaires, pour goûter le bonheur simple des jours qui passent...

Point n'est besoin de pipoles et de medias, de newsmagazines et de traders, de "happy few" ou de "think tanks" pour vivre dignement ...

Voyez où nous ont conduit la raison raisonnante, la technologie débridée et la science arrogante, la volonté de puissance et de conquête, l'avidité financière et l'obsession de la croissance...

Et c'est d'autre chose dont nous avons aujourd'hui grand besoin : de compassion pour la Terre, les plantes et les animaux, de frugalité et de simplicité de vie, de convivialité, d'innocence et de pureté du regard, d'amour du Réel plutôt que du virtuel, de silence et de beauté... Et surtout, surtout : de ce souci inquiet et attentif de l'autre, qui est attribut du féminin...

Tout cela nous pouvons l'entretenir en nous en cultivant un "état de poésie", une autre vision de la vie, que nous enseignent certains poètes et artistes, ainsi qu'en témoigne le contenu de ce blog



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dimanche 15 mai 2011

Etablir une relation profonde avec la nature : les carnets de Krishnamurti

Nous poursuivons les extraits des Carnets de Krishnamurti ( publiés aux Editions du Rocher ), où c'est la relation à la nature qui conduit à la méditation. Ici - le 12 octobre dans la grande beauté de la Toscane - c'est "du silence...que survient la méditation", et celle ci abolit le temps, "ne laissant aucune trace du passé"...



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mardi 10 mai 2011

L'homme n'a encore rien vu, reconnu ni dit de vivant : R.M. Rilke

Voici un texte visionnaire de Rilke, un extrait des "Cahiers de Malte Laurids Brigge" dit ici par Laurent Terzieff ( merci d'excuser la mauvaise qualité de cet enregistrement fait en public...), sur la nécessité pour l'homme de changer totalement de vision du monde.

D'ailleurs notre ami Fabrice Nicolino ne s'y est pas trompé, lui qui écrit sur son blog ( http://fabrice-nicolino.com ) à propos de ce texte : "N'est-ce pas profond et vrai, n'est-ce pas précisément ce que tout humain conscient du temps que nous vivons pourrait apprendre par coeur ?"

Ce texte met en lumière toute l'absurdité de l'histoire humaine depuis la nuit des temps, de cette humanité qui n'aura "rien vu, reconnu et dit de vivant" et qui sera restée "à la surface de la vie". Et souligne donc la nécessité de changements profonds...

Quels changements ? Eh bien entre autres celui de s'intéresser à la Réalité, qui a été traitée par l'homme "comme une montre oubliée dans une chambre vide", ou celui de se rendre compte que l'on n'a "rien à apprendre des autres hommes" puisque l'on est tous "nés des anciens" et que par conséquent l'on contient tous la sagesse du passé...



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dimanche 27 mars 2011

Ainsi vivons-nous, à chaque pas prenant congé : Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke, poète né à Prague en 1875, séjourna quelque temps dans le chateau de Duino au bord de l'Adriatique, où il composa les "Elégies de Duino", sans doute son chef d'oeuvre.

Nous avions déjà mis en ligne un extrait de la 8ème élégie. En voici un autre, où Rilke compare le bonheur « de la petite créature », qui demeure toujours reliée à toutes choses, à l'incapacité de l'homme à relier vraiment, car toujours spectateur, et « à chaque pas prenant congé »...

Ce passage de la 8ème élégie, lu par Sophie Gueydon, est extrait de la traduction de Philippe Jacottet, parue aux Editions La Dogana en 2008.



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samedi 22 janvier 2011

La plénitude du Réel : poésie de Maxence

Il faut parfois être proche de la mort pour ressentir pleinement l'instant présent, gouter la saveur de chaque chose, et vivre intensément la plénitude du réel. Maxence, né en 1929, est de ces poètes qui nous font ressentir cet état intérieur fait de calme, d'« attente sans attention », de « respiration de la lumière » et d' « innocence révélée ».
C'est cette intensité qui s'exprime ici, dans son poème « l'Heure Plénière »
Les poèmes de Maxence peuvent également être lus et écoutés sur le site http://maxence-poesie.com




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lundi 6 septembre 2010

Prière pour aller au Paradis avec les ânes : Francis Jammes

Francis Jammes, poète, romancier, dramaturge et critique béarnais ( 1868-1938 ) aurait voulu ..."être pareil aux ânes qui mireront leur humble et douce pauvreté à la limpidité de l'amour éternel"...

Les ânes, les animaux, les pierres furent les amis de ce poète de la vie simple et du Réel, dont Robert Mallet a pu dire : "...ce don qu'il possède de communiquer avec l'âme secrète des choses le porte à compatir non seulement à la souffrance présumée d'un épi de blé malade, mais aussi à celle des pierres que l'on casse au bord des routes".

Et ne disait-il pas :"Je veux emplir mon coeur du Coeur des animaux" ?...

Voici sa "Prière pour aller au Paradis avec les ânes" dite par Jean Negroni ( disque Adès : Les Poètes de France ) :




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dimanche 22 août 2010

L'éternité dans le quotidien : Eugène Guillevic

Eugène Guillevic, poète breton né en 1907, aimait à dire qu'il faut "vivre tout évènement quotidien dans les coordonnées de l'éternité", et c'était cela la poésie pour lui.

Comme il est dit sur Wikipedia à son propos : "refusant la métaphysique, il choisit l'ici, qu'il explore sans fin, passionnément"

Il nous en donne une bonne illustration dans son poème "Enquêtes", publié en 1964 dans la revue Strophes : dans ces petites questions posées "à la manière des magazines féminins", qui ont l'air bien inutiles et superficielles, il y a une étrange profondeur si on les écoute bien...

Les voici, dits par l'auteur lui-même :

samedi 19 juin 2010

Voir "l'Ouvert" : les "Elégies de Duino" de Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke, poète né à Prague en 1875, séjourna quelque temps dans le chateau de Duino au bord de l'Adriatique, où il composa les "Elégies de Duino", sans doute son chef d'oeuvre.

A propos de la 8ème Elégie, Roger Munier a écrit : "le poète pointe le doigt sur un invisible qui fait de l'humain un spectateur, un être hors du monde".

Et en effet cet invisible, cet "Ouvert" comme l'appelle Rilke, est difficilement accessible à l'homme qui "ne peut laisser être. Il faut qu'il situe, distingue, repère, donne lieu". Au contraire de l'animal, qui a directement accès à cet invisible, parce qu'il "n'a pas la conscience qui rassemble et délimite, érige dans la lumière, concentre mais sépare". C'est pourquoi "tous les yeux de tout ce qui vit voient dans l'Ouvert...et seuls nos yeux sont comme retournés, posés autour de tout comme des pièges, scellant toute ouverture..."

Voici un court extrait de cette 8ème Elégie, traduite par Gérard Signoret, et lue par Vincent Planchon, sur le site Audiocite.net

vendredi 11 juin 2010

Qu'est-ce que c'est un homme : Satprem

Satprem, de son vrai nom Bernard Engiger, né à Paris en 1923 passa toutes les dernières années de sa vie en Inde, où il fut notamment le confident de Mirra Alfassa, dite "Mère", une grande figure spirituelle et la compagne du sage hindou Sri Aurobindo , à propos de laquelle il écrivit de nombreux livres.

Lui-même fût très marqué par un séjour de 1,5 ans au camp de Mathausen, où il frôla la mort jour après jour, et passa une bonne partie de sa vie à essayer de trouver un sens à l'évolution humaine.

Car c'est bien lorsque "tout est cassé", lorsque l'on est débarassé de "toute cette croute supeficielle" de la philosophie, de la religion, de la famille, de l'amour, que l'on peut arriver selon lui "à cet instant humain où on est ce qu'est l'homme réellement"

Et selon sa vision, dans la crise actuelle "on n'est pas dans une crise morale, on n'est pas dans une crise politique, financière, religieuse, on est dans une crise évolutive. On est en train de mourir à l'humanité pour naître à autre chose"

Voici un court extrait de son interview par le journaliste italien David Montemurri en 1981, où il développe ce thème :



mardi 2 février 2010

Tout est vrai au pays de la Terre : la poésie d'Anana Terramorsi

Anana Terramorsi, artiste, poétesse, guérisseuse spirituelle, a toujours cherché, dans ses multiples activités, à "accéder à une vérité de l'être", comme l'a écrit Lydia Harambourg dans la monographie qu'elle lui a consacrée ( aux Editions du Cercle d'Art en 1999 ).

Et cette vérité, c'est en particulier par la Nature, par la terre, au travers du jardin, qu'elle peut être perçue. "Voir" le Réel, faire passer les autres dans d'autres dimensions, dans ce monde vrai qui est le monde réel, c'est une seule et même inspiration, que ce soit au jardin, dans l'atelier , en écrivant un poème, ou en étant guérisseuse. Tout se passe en direct : un passage vers l'inconnu.

Voici un court extrait d'un prochain recueil de ses poèmes, intitulé "Buée turquoise"


lundi 11 janvier 2010

N'être rien : Le Clown d'Henri Michaux

Le Clown, poème d'Henri Michaux, est l'un de ceux qui ont été le plus commentés et en même temps l'un de ceux qui ont été le moins compris. La plupart n'y ont vu que la nécessité de l'humilité pour éviter le narcissisme, la prétention, la fatuité...

Mais ce texte va bien au delà de ce genre de principes de morale et de bienséance. Il nous dit qu'en n'"étant rien", qu'en se détachant de l'obsession d'être quelqu'un, on peut accéder à une liberté supérieure, et entrer "dans l'infini esprit sous-jacent" à toute chose.

Voici une lecture de ce poème par Juliette Binoche, extrait de l'émission "A voix nue" de Jérome Clément du 8 Janvier 2010 sur France Culture.


vendredi 8 janvier 2010

L'état de non-pensée : les poèmes de Pessoa

Fernando Pessoa, le très grand, l'immense, poète portugais a plus que tout autre exalté la vérité de la simple Présence des choses, telles qu'elles sont et non telles qu'on les imagine. "Il y a passablement de métaphysique dans la non-pensée" disait-il...

Et en effet toute son oeuvre rend compte de cet état d'être si particulier qu'éprouve le poète ou le mystique, cet "état de poésie" pourrait-on dire, état d'acceptation totale du Réel, état d'innocence d'avant la pensée, mais non de rêverie, car il y faut une grande attention à ce qui est.

Et aussi état de non-volonté, car volonté = pensée = contrôle = désirs et ambition. Pessoa n'était pas dans l'ambition et le désir. C'était juste le modeste salarié d'une maison de commerce portugaise, un homme casanier aimant à flâner dans le quartier des artisans de Lisbonne : "que ne suis-je la poussière du chemin" écrivait-il dans le recueil de ses poèmes intitulé "Le Gardeur de troupeaux" ( réédité par exemple dans la collection Poésie de Gallimard en 2005 ) dont voici un petit extrait, dit par Laurence Terramorsi.


jeudi 31 décembre 2009

Connaître le Réel : Les Causeries sur la botanique de J.-H. Fabre

Le célèbre botaniste Jean Henry Fabre a écrit au début du XXéme siècle - à une époque de croyance au progrès technique et de révérence portée aux sciences dures - un merveilleux livre, "La Plante - causeries sur la botanique", où il donne ses premières leçons de botanique à son fils ( voir par exemple l'édition de 1923 chez Delagrave, 15 rue Soufflot à Paris ).

Cet ouvrage non spécialisé, rédigé dans un style limpide et vivant, mais pourtant imprégné d'une compréhension profonde du monde végétal, est une illustration du fait que la connaissance et la compréhension de la Nature peuvent - et sans doute même nécessitent - de se passer du langage abstrait, sec et ennuyeux de la science spécialisée. Et qu'une langue simple rendant compte d'observations courantes fait mieux accéder à la Réalité qu'un charabia ésotérique, à condition bien sûr qu'elle soit le fait de personnes ayant elles-mêmes compris en profondeur cette Réalité...

Voici un extrait du 1er chapitre de ce livre, où le narrateur explique l'organisation fondamentale du végétal à partir d'une comparaison entre celui-çi et ces animaux particuliers qu'on appelle polypiers.


jeudi 24 décembre 2009

L'amour de la Terre : les poèmes d'Yves Bonnefoy

Aimer la Terre, la Nature, la Vie, c'est aimer le Réel plutôt que le virtuel, aimer l'évidence des choses qui sont, plutôt que se perdre dans les rêves, les chimères, le surréel, le transhumain...C'est donner sa place à chaque chose, respecter l'identité des êtres plutôt que projeter sur eux nos propres fantasmes... C'est donner sa place au temps, à la lenteur, à l'éternité, plutôt que tout vouloir sur le champ...

Mais aimer la Terre, profondément, c'est aussi souffrir pour elle, pour ce qui lui est fait par les hommes, c'est éprouver une tristesse, une nostalgie, de voir s'éloigner et disparaître tout ce qui en fait la beauté.

Yves Bonnefoy, le grand poète français, nous fait souvent ressentir cette nostalgie de la Terre aimée, des arbres, des pierres, du simple, mais aussi de la terre "qui finit, là, devant nous, comme un bord abrupt de falaise"

Voici un extrait du poème "Le Souvenir", lui-même partie d'un recueil intitulé "Ce qui fut sans lumière" ( édité en 1987 au Mercure de France, 26 rue de Condé, 75006 Paris )