Point n'est besoin de rolex ou de kärcher, de gadgets électroniques, de repas au Fouquet's ou d'amis milliardaires, pour goûter le bonheur simple des jours qui passent...

Point n'est besoin de pipoles et de medias, de newsmagazines et de traders, de "happy few" ou de "think tanks" pour vivre dignement ...

Voyez où nous ont conduit la raison raisonnante, la technologie débridée et la science arrogante, la volonté de puissance et de conquête, l'avidité financière et l'obsession de la croissance...

Et c'est d'autre chose dont nous avons aujourd'hui grand besoin : de compassion pour la Terre, les plantes et les animaux, de frugalité et de simplicité de vie, de convivialité, d'innocence et de pureté du regard, d'amour du Réel plutôt que du virtuel, de silence et de beauté... Et surtout, surtout : de ce souci inquiet et attentif de l'autre, qui est attribut du féminin...

Tout cela nous pouvons l'entretenir en nous en cultivant un "état de poésie", une autre vision de la vie, que nous enseignent certains poètes et artistes, ainsi qu'en témoigne le contenu de ce blog



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mercredi 26 mai 2010

Devenir de plus en plus humain : Malcolm de Chazal

Malcolm de Chazal, le grand poète mauricien, ne prenait pas de gants pour dire ce qu'il pensait, combien il détestait les mauriciens ses compatriotes, et combien il lui était difficile de "plaire aux autres"...

"Je suis venu sur terre pour devenir ce que je suis", aimait-il à répéter, c'est à dire pour devenir "humain" : "moi je progresse en devenant de plus en plus humain. Eux ils progressent en devenant de grands hommes, de grands généraux, de grands êtres, c'est à dire qu'ils progressent vers des complexes de superiorité dans l'abstrait"...

Voici un court extrait de ce message aux humains, tiré du CD "Les grandes voix du Sud" de Frémeaux et associés :


samedi 1 mai 2010

Prendre soin des petites choses : Imane de Genève

Il y a à Genève, derrière la gare, un lieu d'habitat communautaire, un ancien squat devenu plutôt "comme il faut", l'ilôt 13, où pourtant encore bien des expériences alternatives sont menées.

Par exemple celles d'Imane, qui - entre autres nombreuses et créatives activités - avait décidé d'acclimater dans la grande cour de l'ilôt, sorte de vaste terrain vague, quelques modestes plantes sauvages poussant ça et là, à la va comme je te pousse, des lichens, des champignons, et quelques vers de terre...tout un petit écosystème.

Activité bien féminine et bien innocente direz-vous...et pourtant quelques fanatiques locaux de la propreté n'ont pas hésité à faire justice eux-mêmes et à mener des expéditions de destruction de ces modestes représentants de la nature sauvage, ne supportant pas cette "vermine", et lui préférant quelques tristes plantes décoratives achetées en jardinerie, du genre hybride F1.

La nature sauvage et la liberté font toujours tellement peur aux hommes...

Voici un court extrait du témoignage d'Imane, diffusé dans l'émission Terre à terre de France Culture le 1er Mai 2010 :

mercredi 31 mars 2010

Grandeur du silence : la mort du loup d'A. de Vigny

La Mort du Loup, poéme on ne peut plus connu d'Alfred de Vigny écrit en 1838, certes exhalte la beauté et le courage de l'animal sauvage...

Mais par contraste il dit aussi la servilité de l'animal domestique, qui sert l'homme "pour avoir le coucher", et la lâcheté de l'homme qui pleure, prie, gémit, et ne sait rester comme le loup, silencieux au moment de "la grande épreuve"...

En voici un extrait, dit par Gérard Philippe :


jeudi 4 mars 2010

Les derniers hommes libres...

En 1970 J.M.G. Le Clézio a accepté une série d'entretiens sur France Culture avec Pierre Lhoste. Dans l'un de ces entretiens - intitulé "les derniers hommes libres" - il parle de ces indiens avec lesquels il a vécu au Panama, qui sont libres et heureux bien loin des valeurs de notre "civilisation", sans hiérachies sociales, intellectuelles, sans religion...

Ils ne savent que ce qui est nécessaire à leur survie dans la jungle...


dimanche 21 février 2010

l'amour de la forêt : Oncle Vania de Tchekhov

Né en 1860, médecin et écrivain, Tchekhov s'intéressait aux arbres, à la protection de la nature, adorait aller à la campagne où il cultivait un potager avec sa soeur.

A propos des arbres, il ne comprenait pas l'acharnement des hommes à les abattre inutilement. Cela transparait notamment dans sa pièce "Le Sauvage", qui préfigure "Oncle Vania", où ce thème est d'ailleurs repris dans les propos d'Astrov, le médecin.

Mais, comme le fait remarque l'auteure du blog "l'or des livres", il ne faut pas s'y tromper : "dépassant une préoccupation écologiste surprenante de modernité, le thème de la forêt n'est qu'une métaphore de l'humanité. Le Sauvage lutte contre la tendance auto-destructrice de l'homme qui abat les arbres nécessaires à sa survie future. Il aime les forêts et utilise «sa force créatrice» pour les sauver de la hache et planter des bois de ses propres mains. Et il puise la foi pour entreprendre ce travail gigantesque, semblant voué à l'échec, dans cette «petite lumière» aperçue au loin : l'amour, la récompense «de celui qui travaille, qui lutte, qui souffre».

Voici un extrait d'Oncle Vania où ce thème est abordé ( lecture proposée par Guillaume Gallienne dans l'émission de France Inter "Ca peut pas faire de mal"du 20 février 2010 )


dimanche 24 janvier 2010

Nostalgie de la sauvagerie : Aldo Leopold

Aldo Léopold fût entre autres forestier au Nouveau Mexique et professeur à l'Université du Wisconsin. Mais ce fût surtout un incomparable amoureux de la nature sauvage et l'un des"pères" de l'écologie. Son "Almanach du Comté des sables" est une pure merveille, qui nous renvoie à H.D.Thoreau, pour qui "le salut du monde passe par l'état sauvage"...

Cet ouvrage fût publié pour la première fois en 1949 ( on pourra se reporter par exemple à la réédition de mars 2000 chez Flammarion ). Voici ce qu'en dit JMG Le Clézio dans la préface de cette édition : "le regard prophétique qu'Aldo Leopold a porté sur notre monde contemporain n'a rien perdu de son acuité, et la semence des mots promet encore la magie des moissons futures. Voilà un livre qui nous fait le plus grand bien" et un peu plus loin : "le pouvoir de ce livre n'est pas seulement dans les idées. Il est avant tout dans la beauté de la langue, dans les images qu'il fait apparaître, dans la fraîcheur des sensations...il parle de la danse magique des bécasses dans l'amphithéatre des marécages, de l'ivresse du vent, du langage des arbres et de leur mémoire..."