Point n'est besoin de rolex ou de kärcher, de gadgets électroniques, de repas au Fouquet's ou d'amis milliardaires, pour goûter le bonheur simple des jours qui passent...

Point n'est besoin de pipoles et de medias, de newsmagazines et de traders, de "happy few" ou de "think tanks" pour vivre dignement ...

Voyez où nous ont conduit la raison raisonnante, la technologie débridée et la science arrogante, la volonté de puissance et de conquête, l'avidité financière et l'obsession de la croissance...

Et c'est d'autre chose dont nous avons aujourd'hui grand besoin : de compassion pour la Terre, les plantes et les animaux, de frugalité et de simplicité de vie, de convivialité, d'innocence et de pureté du regard, d'amour du Réel plutôt que du virtuel, de silence et de beauté... Et surtout, surtout : de ce souci inquiet et attentif de l'autre, qui est attribut du féminin...

Tout cela nous pouvons l'entretenir en nous en cultivant un "état de poésie", une autre vision de la vie, que nous enseignent certains poètes et artistes, ainsi qu'en témoigne le contenu de ce blog



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samedi 30 juillet 2011

Je sais bien que je suis comme les montagnes : Francis Jammes

Voici encore un poème de Francis Jammes, ce merveilleux poète béarnais dont Pierre Seghers disait : "La simplicité, l'évidence, l'harmonie, l'émotion contenue, l'humour attendri...ce sont là les qualités majeures de la poésie de Francis Jammes"

Dans celui-ci, intitulé "J'allais dans le verger", Jammes se demande "pourquoi ais-je l'existence que j'aie ?", et ressent son appartenance profonde à l'ordre naturel, celui de ses montagnes...



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mercredi 20 juillet 2011

Dieu loge dans les toutes petites choses : Christian Bobin à propos de Ryokan

Dans cette chronique ( émission Initiales du 3 juillet 2011 sur la Radio Suisse Romande ) Christian Bobin nous dit son émerveillement pour les poèmes de Ryokan, cet ermite japonais du XVIIIème siècle - "le moine au coeur d'enfant" - qui nous a laissé de biens jolis poèmes, comme celui-ci par exemple :

Que laisserai-je derrière moi ?
Les fleurs du printemps,
le coucou dans les collines,
et les fleurs de l'automne


"Ryokan ne célébrait aucun rituel et ne dispensait aucun enseignement. Jamais non plus il n'évoque un point de doctrine ou ne fait état d'un quelconque éveil..." ( Wikipedia ). Il s'occupe des petites choses, de son bol disparu, des enfants avec lesquels il joue pendant des heures, pendant que les hommes d'affaires "font leurs additions sous les gravats"...



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samedi 18 juin 2011

L'art de voir les choses : John Burroughs

John Burroughs, né en 1837 et mort en 1921, "The Grand Old Man of Nature", fut l'un des écrivains naturalistes les plus célèbres des Etats-Unis. Il nous a laissé une grande leçon de vie simple et d'amour de la nature.

Voici un extrait du recueil "L'art de voir les choses" que lui a consacré Joël Cornuault aux Editions Federop, où il est question de marche à pied...




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mardi 3 mai 2011

Le parfum du temps présent : Teofilo Chantre

Teofilo Chantre, artiste capverdien, nous invite dans cette chanson - diffusée sur RFI dans l'émission "En Sol Majeur" du 2 mai 2011 - à goûter "le parfum du temps présent", sur des paroles de Marc Estève.

Il y est question de préférer l'ici à l'ailleurs, et de goûter l'instant présent "sans penser à demain, ni rien"....




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dimanche 6 février 2011

La simplicité des jours sans évènements : Christian Bobin

Dans les "Lettres d'or"publiées en 1987 chez Fata Morgana, Christian Bobin nous parle de l'attente, des heures vides, de la vie qui passe, et de la joie que l'on trouve dans la simple "bonté des choses".

En voici un court extrait





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lundi 31 janvier 2011

La civilisation occidentale s'autodétruira : Gandhi ( suite )

Poursuivant la publication d'extraits du livre de Gandhi "Leur civilisation et notre délivrance", publié en français chez Denoël en 1957, nous vous proposons d'écouter cette fois ci ce qu'il dit de la médecine, cet autre pilier de la civilisation occidentale.

De quoi méditer, en ces temps où les "coupe-faim" font la une des journaux...





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vendredi 28 janvier 2011

La civilisation occidentale s'autodétruira : Gandhi

En 1910 Gandhi publia un pamphlet contre la civilisation occidentale, qui constitue en même temps un vibrant hommage à la civilisation indienne - "Leur civilisation et notre délivrance" - ouvrage traduit en français chez Denoël en 1957. Pour lui "cette civilisation est telle que l'on a juste à être patient et elle s'autodétruira"...

Apôtre de la résistance passive ( satyagraha ) et de la non-violence ( ahimsa ), sa vision de la vie et sa philosophie sont plus que jamais d'actualité, et nous allons donc lui consacrer quelques "messages" de ce blog.

Et tout d'abord voyons ce qu'il dit dans cet ouvrage des avocats, dont on voit beaucoup de représentants ces temps-ci dans les hautes sphères de l'Etat...





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dimanche 16 janvier 2011

La claire simplicité des arbres et des plantes : Fernando Pessoa

Fernando Pessoa fut le poète des choses et des êtres simples. Dans ce poème extrait du recueil "Le Gardeur de Troupeaux", édité en langue française chez Gallimard dans une traduction d'Armand Guibert, Pessoa, alias Alvaro de Campos, nous parle des prières à Sainte Barbe que font les gens simples lorsqu'ils ont peur de la foudre.

Mais la simplicité des hommes est toujours bien plus compliquée, stupide et confuse, que "la claire simplicité et la toute simple existence des arbres et des plantes"...



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mardi 7 décembre 2010

Pénétrer l'âme des fleurs : Cécile Sauvage

Nous ne pouvons pas résister à vous offrir encore un poème de Cécile Sauvage, cette poétesse "de la maternité", mère du compositeur Olivier Messiaen, dont les oeuvres ont rééditées par les Editions de la Table Ronde en 2002.

Il est question ici du bonheur simple de celle qui se sentait "proche des choses". Extrait dit par Vincent Planchon.




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lundi 6 septembre 2010

Prière pour aller au Paradis avec les ânes : Francis Jammes

Francis Jammes, poète, romancier, dramaturge et critique béarnais ( 1868-1938 ) aurait voulu ..."être pareil aux ânes qui mireront leur humble et douce pauvreté à la limpidité de l'amour éternel"...

Les ânes, les animaux, les pierres furent les amis de ce poète de la vie simple et du Réel, dont Robert Mallet a pu dire : "...ce don qu'il possède de communiquer avec l'âme secrète des choses le porte à compatir non seulement à la souffrance présumée d'un épi de blé malade, mais aussi à celle des pierres que l'on casse au bord des routes".

Et ne disait-il pas :"Je veux emplir mon coeur du Coeur des animaux" ?...

Voici sa "Prière pour aller au Paradis avec les ânes" dite par Jean Negroni ( disque Adès : Les Poètes de France ) :




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dimanche 29 août 2010

"J'ai préféré ta faiblesse à ton trône" : Jean Grosjean

Jean Grosjean, poète et traducteur de la Bible, fût aussi un éminent collaborateur de Gallimard, où il publia en 1987 "La Reine de Saba".

Dans le court extrait ci-dessous de cet ouvrage, dit par l'auteur lui-même, nous est rappellée la nécessité de l'humilité, de la pauvreté, et de la détresse, car seule celle-çi "as permis de connaître mon coeur"...




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dimanche 9 mai 2010

Beauté de la simplicité : Le Clézio - L'inconnu sur la terre

Jean-Marie Le Clézio a écrit son essai "L'inconnu sur la terre" en 1978 ( publié chez Gallimard cette même année ). Nous avons déja publié un extrait de cette méditation magnifique sur la beauté. En voici un second extrait, qui parle du lien entre beauté et simplicité.

Où l'on apprend que la beauté est "hors des lois et du langage", qu'il n'est pas besoin "d'ascèse ou de religion" pour l'approcher, et surtout qu'elle est à chercher dans la simplicité, dans la capacité à porter sur le monde un regard d'enfant, en évitant "la fausse complication cérébrale des adultes"...

En voici un court extrait :

vendredi 9 avril 2010

Nécessité de l'humilité : Bobin sur St François d'Assise

Christian Bobin a écrit sur la vie de Saint-François d'Assise un très beau petit livre, "Le Très-Bas" ( Gallimard 1992 ) où il est beaucoup question de la nécessaire humilité, essentielle dans la règle franciscaine : "si mes frères ont reçu le nom de petits ( mineurs ) c'est pour qu'ils n'aspirent pas à devenir grands, leur vocation est de rester en bas". Car il est question ici de donner à son âme "la minceur qui convient"

Avec l'humilité va la pauvreté, choisie et désirée. La Règle ne dit-elle pas :"moins je possède, et plus je me possède" ?

C'est ce qu'illustre le court extrait qui suit du livre de Bobin, où il est question de quitter la richesse, mais au-delà, et par là, de quitter l'imitation du père, qui symbolise ici la loi de l'argent, du sérieux, du monde mort, de la peur et des principes...


samedi 3 avril 2010

La parole qui guérit : Christian Bobin - La Part Manquante

Dans "La voix, la Neige", partie du recueil "La Part Manquante", Christian Bobin évoque la puissance de la voix, de la parole dite "qui guérit les âmes captives", et nous ramène à l'enfance, au simple.

Et c'est bien ce que nous essayons de transmettre sur ce blog en donnant à entendre des voix inspirées, des voix qui portent en elles et nous font éprouver cet "état de poésie" où nous sommes parfois, lorsque nous arrivons à oublier quelques instants l'efficience, la raison et la complexité.

Car comme le dit Christian Bobin : "aimer, c'est aimer ce qui est simple"...

Voici un court extrait de ce texte,lu par l'auteur lui-même ( voir le CD édité en 2007 dans la collection "Ecouter, lire" chez Gallimard )


jeudi 4 mars 2010

Les derniers hommes libres...

En 1970 J.M.G. Le Clézio a accepté une série d'entretiens sur France Culture avec Pierre Lhoste. Dans l'un de ces entretiens - intitulé "les derniers hommes libres" - il parle de ces indiens avec lesquels il a vécu au Panama, qui sont libres et heureux bien loin des valeurs de notre "civilisation", sans hiérachies sociales, intellectuelles, sans religion...

Ils ne savent que ce qui est nécessaire à leur survie dans la jungle...


dimanche 14 février 2010

Le sacré n'a rien de religieux : Chomo l'artiste gouverné par les forces cosmiques

Chomo, artiste disparu il y a une dizaine d'années, vivait en ermite dans la forêt de Fontainebleau. Il fût celui qui disait "guérir par le refus de la connaissance" en évitant le "gouffre du raisonnement", pour rester en prise directe avec les forces cosmiques, et être le "gardien des valeurs spirituelles à l'état pur"...

Décroissant avant même que le terme existe, il fût celui qui disait "je suis riche de pauvreté, ils sont pauvres de richesse"...

Méfiant à l'égard des mots savants il disait : "tous ces mots non usuels compliquent et altèrent profondément la vie intérieure. Ils se martyrisent les uns les autres, provoquent le Chaos. Ils sont juste bons et utilisés par France-Culture pour meubler les cervelles vides des mannequins à chemises trop blanches pour être utiles !"

Voici un extrait d'un interview où il parle du sacré et du religieux :


mardi 9 février 2010

Se hâter de vivre : la poésie de Charles Cros

Charles Cros, poète et inventeur, né en 1842 dans l'Aude, est l'un de ces trop rares exemples de réunion dans une seule et même personne de l'amour de la poésie et de l'intérêt pour les sciences. Pas pour les sciences dures et utilitaires, évidemment, mais pour les sciences qui font rêver, qui préparent le monde futur, qui essayent de communiquer avec les extraterrestres...

Ainsi le poète Catulle Mendès écrivait-il de lui "Il avait fait plusieurs trouvailles, assez importantes : le Typhlographe, la Quadrature de l'azimut et de l'almicantarat, la Direction des montgolfières par un boulet de canon projeté de la nacelle, le Phonographe, la Galactothérapie, la Correspondance interplanétaire au moyen d'immenses miroirs d'acier, la Photographie des couleurs, la Transfusion de l'âme, cinq ou six variétés de Sidériscopes et le Monologue"...

Mais ce fût surtout celui qui "se hâtait de vivre", celui qui regardait le monde avec tendresse, celui qui voulait laisser l'Univers "sans désastre et sans incendie", celui qui aimait tant la beauté :

Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c'est la fête.
Les gens disent : Comme il est bête!
En somme, je suis mal coté.
J'allume du feu dans l'été,
Dans l'usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête.
Qu'importe ! J'aime la beauté.
Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.
J'ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d'un pas normal;
Des roses, des roses, des roses !

Voici l'un de ses poèmes chanté par Benoit Dayrat, lui-même scientifique et poète


mercredi 27 janvier 2010

Regarder la vie qui passe : Christian Bobin

Christian Bobin, poète et écrivain français, "amoureux du silence et des roses", a plus que tout autre chanté les détails de la vie, les petites choses, le temps qui passe, le féminin. "Pour voir un peu de cette vie il faut en oublier beaucoup" a-t'il écrit. Et aussi : "je ne sais pas ce qu'il y a de mieux à faire dans la vie que regarder la vie"...

Il tient une chronique hebdomadaire le dimanche matin sur Radio Suisse Romande ( Emission Initiales sur Espaces 2 à 8h15 ) qui est une réflexion à haute voix sur les choses petites et grandes dont l'écrivain sait si bien révéler l'âme.

Voici celle du 17 janvier 2010 intitulée "le conte des pots remplis"


jeudi 21 janvier 2010

Joie dans la pauvreté : "Du Sahara aux Cévennes" de Pierre Rabhi

"Du Sahara aux Cévennes", réédité en 1995 aux Editions Albin Michel, c'est la biographie de l'ami Pierre, depuis son enfance oasienne au Sud de l'Algérie jusqu'à son établissement comme paysan en terre ardéchoise. Une grande leçon de vie et de courage qui illustre bien que la joie et la plénitude de l'être sont incompatibles avec l'accumulation de biens matériels...

Comme il l'écrit lui-même : "Après avoir vécu durant presque vingt ans près de la Cévenne ardéchoise en rapport étroit et attentif avec des animaux, des végétaux, les saisons, les éléments, je me rends compte que toutes nos accumulations matérielles ne sont que du fatras incapable de nous donner l'enthousiasme de vivre et de créer, incapable de nous donner le goût de la permanence au sein de laquelle se trouve la joie et l'absence de toute peur de vivre et de mourir"...

Voici un court extrait de ce livre, où il est question de la pauvreté en tant que valeur de bien-être


Profondeur de la simplicité : le Journal d'Henri David Thoreau

Poète, philosophe, écrivain, H.D.Thoreau est né en 1817 à Concord dans le Massachusetts et il y a vécu la plus grande partie de sa vie. Coureur de bois, amoureux d'une Nature qu'il a profondément aimée et célébrée, il a inspiré tout le mouvement écologiste. Il fût un apôtre fervent de la vie simple, de la frugalité, du bonheur qu'il y a à se concentrer et à s'approfondir plutôt qu'à se disperser en vaines activités, et à se connecter à l'être profond des choses, ce qui pour lui donne toute sa saveur à l'existence...

Il faut lire son journal, écrit entre 1837 et 1861, dont voici un court extrait lu par Laurence Terramorsi