Point n'est besoin de rolex ou de kärcher, de gadgets électroniques, de repas au Fouquet's ou d'amis milliardaires, pour goûter le bonheur simple des jours qui passent...

Point n'est besoin de pipoles et de medias, de newsmagazines et de traders, de "happy few" ou de "think tanks" pour vivre dignement ...

Voyez où nous ont conduit la raison raisonnante, la technologie débridée et la science arrogante, la volonté de puissance et de conquête, l'avidité financière et l'obsession de la croissance...

Et c'est d'autre chose dont nous avons aujourd'hui grand besoin : de compassion pour la Terre, les plantes et les animaux, de frugalité et de simplicité de vie, de convivialité, d'innocence et de pureté du regard, d'amour du Réel plutôt que du virtuel, de silence et de beauté... Et surtout, surtout : de ce souci inquiet et attentif de l'autre, qui est attribut du féminin...

Tout cela nous pouvons l'entretenir en nous en cultivant un "état de poésie", une autre vision de la vie, que nous enseignent certains poètes et artistes, ainsi qu'en témoigne le contenu de ce blog



mercredi 31 mars 2010

Grandeur du silence : la mort du loup d'A. de Vigny

La Mort du Loup, poéme on ne peut plus connu d'Alfred de Vigny écrit en 1838, certes exhalte la beauté et le courage de l'animal sauvage...

Mais par contraste il dit aussi la servilité de l'animal domestique, qui sert l'homme "pour avoir le coucher", et la lâcheté de l'homme qui pleure, prie, gémit, et ne sait rester comme le loup, silencieux au moment de "la grande épreuve"...

En voici un extrait, dit par Gérard Philippe :


dimanche 28 mars 2010

C'est quoi le féminin ? la comtesse Edmée nous l'apprend...

L'émission "Là bas si j'y suis" de Daniel Mermet sur France Inter a rediffusé le 26 mars 2010 un reportage d'Anne Riou datant de 1991, sur la comtesse Edmée et son amour des escargots.

Le ton des journalistes est plaisant, voire légèrement ironique, et l'on imagine facilement leurs légers sourires à l'évocation de cette comtesse de noble extraction promenant ses escargots dans la campagne environnante pour leur faire prendre l'air, ou ramassant délicatement un de leur congénères traversant la route pour qu'il ne se fasse pas écraser par une voiture...

On sent la journaliste perplexe : elle ne comprend pas - par exemple - comment la comtesse peut savoir que les escargots "sont fous de joie" lorsqu'ils se promènent dans la campagne...

Sans doute est-ce parce que la journaliste, outre qu'elle ne connaît pas grand chose aux escargots, ne ressent rien elle-même avec eux, et n'imagine donc même pas qu'il soit possible de communiquer avec eux et de ressentir soi-même ce qu'ils ressentent..

Ou bien est-ce parce que cette journaliste ne se soucie guère au fond des escargots et de ce qu'ils peuvent mourir atrocement en traversant une route.

Sans doute n'a t'elle pas bien réalisé que l'on a ici une une magnifique illustration de ce que c'est que "le féminin", la pure essence du féminin, qui est attention et soin portés aux plus faibles, aux plus minuscules, et empathie profonde avec le vivant.

La comtesse Edmée nous donne ici une grande leçon de la façon dont nous devrions tous nous comporter si nous avions une once de compassion...

Voici un court extrait de cet interview


jeudi 25 mars 2010

De l'horreur de tuer ils ont fait le grand art : A. de Lamartine

Alphonse de Lamartine avait horreur des bouchers, et a écrit de beaux textes sur la souffrance animale et la cruauté humaine...

Dans l'extrait ci-dessous de son recueil "La Chute d'un ange"( Septième vision : Or ces hommes, enfants ! ) il montre comment la cruauté et l'indifférence à la souffrance animale non seulement donnent aux hommes "leur sens brutal et leur regard farouche" mais également corrompent leur coeur, car "au forfait le forfait habitue"....





A l'époque où Lamartine écrivit ces textes il était député : on aimerait que nos députés actuels fassent preuve d'un tel sens moral et se préoccupent autant des animaux. Mais il est vrai que pour Lamartine le talent littéraire se devait d'être au service des idées politiques...

Extrait dit par Augustin Brunault sur le site www.litteratureaudio.com

samedi 20 mars 2010

le bonheur de la gratuité : l'homme qui plantait des arbres de Giono

La terre n'appartient à personne : il est juste question d'en prendre soin, gratuitement, par amour, et de vivre en symbiose avec elle. Là est le vrai bonheur.

Car, comme l'a écrit Jean Giono, ce "voyageur immobile" qui aimait tant arpenter la campagne provençale : "la maîtrise de la terre et des forces de la terre, c'est un rêve bourgeois chez les tenants des sociétés nouvelles. Il faut libérer la terre et l'homme, pour que ce dernier puisse vivre sa vie de liberté sur la terre de liberté (...)Ce champ n'est à personne. je ne veux pas de ce champ; je veux vivre avec ce champ et que ce champ vive avec moi, qu'il jouisse sous le vent et le soleil et la pluie, et que nous soyons en accord. Voilà la grande libération païenne."

Voici un extrait de sa nouvelle "l'homme qui plantait des arbres", texte célèbre traduit en de nombreuses langues, où il est aussi question de don et de gratuité...( texte lu par Juliette sur le site http://victoria-aufildeslectures.blogspot.com ) :


vendredi 12 mars 2010

Rester fidèle à la Terre : Ainsi parlait Zarathoustra...

"Ainsi parlait Zarathoustra", l'ouvrage magistral de Frédéric Nietzsche qui résume et synthétise sa pensée, porte un espoir, celui d'un nouvel avenir pour l'homme.
Cet espoir passe par la fidélité à la Terre, à la Vie, au corps, nécessaires pour ne pas s'égarer, pour se détacher des erreurs et ignorances du passé.
Il passe aussi par la métamorphose du regard, qui doit rejoindre le regard de l'enfant : "innocence et oubli, commencement nouveau, jeu, roue qui se meut elle-même, premier mobile, affirmation saine".
Il passe enfin par l'évacuation du superflu et surtout des superflus, qui semble d'une surprenante actualité :

Voyez donc ces superflus ! ils veulent les oeuvres des inventeurs et les trésors des sages : ils appellent leur vol civilisation - et tout leur devient maladie et revers !
Voyez donc ces superflus ! ils sont toujours malades, ils rendent leur bile et appellent cela des journaux. Ils se dévorent et ne peuvent même pas se digérer!
Voyez donc ces superflus ! ils acquièrent des richesses et en deviennent plus pauvres. Ils veulent la puissance et avant tout le levier de la puissance, beaucoup d'argent - ces impuissants !...


Voici un court extrait de ce texte, lu par Michael Lonsdale ( Editions Thélème, 10 rue de Pontoise, 75005 Paris ) :


jeudi 4 mars 2010

Les derniers hommes libres...

En 1970 J.M.G. Le Clézio a accepté une série d'entretiens sur France Culture avec Pierre Lhoste. Dans l'un de ces entretiens - intitulé "les derniers hommes libres" - il parle de ces indiens avec lesquels il a vécu au Panama, qui sont libres et heureux bien loin des valeurs de notre "civilisation", sans hiérachies sociales, intellectuelles, sans religion...

Ils ne savent que ce qui est nécessaire à leur survie dans la jungle...