Point n'est besoin de rolex ou de kärcher, de gadgets électroniques, de repas au Fouquet's ou d'amis milliardaires, pour goûter le bonheur simple des jours qui passent...

Point n'est besoin de pipoles et de medias, de newsmagazines et de traders, de "happy few" ou de "think tanks" pour vivre dignement ...

Voyez où nous ont conduit la raison raisonnante, la technologie débridée et la science arrogante, la volonté de puissance et de conquête, l'avidité financière et l'obsession de la croissance...

Et c'est d'autre chose dont nous avons aujourd'hui grand besoin : de compassion pour la Terre, les plantes et les animaux, de frugalité et de simplicité de vie, de convivialité, d'innocence et de pureté du regard, d'amour du Réel plutôt que du virtuel, de silence et de beauté... Et surtout, surtout : de ce souci inquiet et attentif de l'autre, qui est attribut du féminin...

Tout cela nous pouvons l'entretenir en nous en cultivant un "état de poésie", une autre vision de la vie, que nous enseignent certains poètes et artistes, ainsi qu'en témoigne le contenu de ce blog



mercredi 30 juin 2010

Donner au monde ou se réaliser : L'escargot et le rosier, conte d'Andersen

Il était une fois...un conteur du nom de Hans Christian Andersen, né en 1805 au Danemark, qui a nous a laissés 156 contes, dont beaucoup de très célèbres.

Il en est un, "l'escargot et le rosier", qui parle plaisamment d'une question bien sérieuse, et qui devait turlupiner Andersen lui-même : dans la vie faut-il, à l'image de l'escargot, prévoir de faire "des choses bien plus grandioses que de fleurir, porter des noisettes ou donner du lait","servir à quelque chose", ou bien faut-il, à l'image du rosier, qui a toujours ses roses, cela ne va pas plus loin", fleurir joyeusement année après année ?...

"Que donnez-vous au monde ?" demande le rosier : " je crache sur le monde" répond l'escargot...

Voici ce conte, dit par Ka00 sur Audiocite.net :

jeudi 24 juin 2010

L'homme ne connait pas la nature : "Colline" de Giono

Jean Giono a publié son premier roman, "Colline", en 1929 chez Grasset. Il y est question des rapports de l'homme avec la nature, rapports cruels où l'homme ne cesse de blesser ce qui vit. Et comme l'a écrit Guillaume Leclère, il est ici question de : "l'histoire de paysans qui découvrent au travers de la nature la noirceur de leurs âmes et de leurs actes".

En voici un court extrait, enregistré en 1955 par Jean Chevrier, et réédité en CD chez Frémeaux et associés :

lundi 21 juin 2010

Remettre en cause la démocratie : José Saramago

José Saramago - qui vient de décéder - prix Nobel de littérature, considéré comme le plus grand écrivain portugais contemporain, ne mâchait pas ses mots.

Communiste, altermondialiste, athée, il n'a pas craint de s'attaquer au "tabou de la démocratie", en montrant à quel point les empires économiques contemporains sont "des adversaires radicaux de la démocratie, même si les apparences sont pour l'instant maintenues". Et aussi : le pouvoir, le vrai pouvoir, se trouve ailleurs : c'est le pouvoir économique. Celui dont on perçoit les contours en filigrane, mais qui nous échappe lorsque l'on cherche à s'en approcher et qui contre-attaque s'il nous prend envie de restreindre son emprise, en le soumettant aux règles de l'intérêt général".

Voici un extrait de son discours sur ce thème prononcé lors de l'anniversaire du Monde Diplomatique, en Mai 2004 :



08 José Saramago (Portugal) Sur la démocratie
envoyé par naturevol. - L'info video en direct.

samedi 19 juin 2010

Voir "l'Ouvert" : les "Elégies de Duino" de Rainer Maria Rilke

Rainer Maria Rilke, poète né à Prague en 1875, séjourna quelque temps dans le chateau de Duino au bord de l'Adriatique, où il composa les "Elégies de Duino", sans doute son chef d'oeuvre.

A propos de la 8ème Elégie, Roger Munier a écrit : "le poète pointe le doigt sur un invisible qui fait de l'humain un spectateur, un être hors du monde".

Et en effet cet invisible, cet "Ouvert" comme l'appelle Rilke, est difficilement accessible à l'homme qui "ne peut laisser être. Il faut qu'il situe, distingue, repère, donne lieu". Au contraire de l'animal, qui a directement accès à cet invisible, parce qu'il "n'a pas la conscience qui rassemble et délimite, érige dans la lumière, concentre mais sépare". C'est pourquoi "tous les yeux de tout ce qui vit voient dans l'Ouvert...et seuls nos yeux sont comme retournés, posés autour de tout comme des pièges, scellant toute ouverture..."

Voici un court extrait de cette 8ème Elégie, traduite par Gérard Signoret, et lue par Vincent Planchon, sur le site Audiocite.net

vendredi 11 juin 2010

Qu'est-ce que c'est un homme : Satprem

Satprem, de son vrai nom Bernard Engiger, né à Paris en 1923 passa toutes les dernières années de sa vie en Inde, où il fut notamment le confident de Mirra Alfassa, dite "Mère", une grande figure spirituelle et la compagne du sage hindou Sri Aurobindo , à propos de laquelle il écrivit de nombreux livres.

Lui-même fût très marqué par un séjour de 1,5 ans au camp de Mathausen, où il frôla la mort jour après jour, et passa une bonne partie de sa vie à essayer de trouver un sens à l'évolution humaine.

Car c'est bien lorsque "tout est cassé", lorsque l'on est débarassé de "toute cette croute supeficielle" de la philosophie, de la religion, de la famille, de l'amour, que l'on peut arriver selon lui "à cet instant humain où on est ce qu'est l'homme réellement"

Et selon sa vision, dans la crise actuelle "on n'est pas dans une crise morale, on n'est pas dans une crise politique, financière, religieuse, on est dans une crise évolutive. On est en train de mourir à l'humanité pour naître à autre chose"

Voici un court extrait de son interview par le journaliste italien David Montemurri en 1981, où il développe ce thème :



dimanche 6 juin 2010

Nous avons tourné le dos à la nature : Albert Camus

Dans son essai intitulé "L'Ete", publié en 1953 chez Gallimard, Albert Camus nous dit comment l'Europe a perdu le sens de la beauté qu'avaient les Grecs. Comment la pensée européenne a oublié l'équilibre grec entre le non-sens, la raison et le mythe pour ne plus qu'exhalter"l'empire futur de la raison". Et comment l'homme européen a "tourné le dos à la nature"...

En voici un court extrait tiré de l'émission de France Inter "Ca peut pas faire de mal" du 29 Mai 2010 :

mercredi 2 juin 2010

Nul ne sait où mène la poésie : Pierre Dhainaut

Pierre Dhainaut, poète français né en 1935 à Lille, avance dans son oeuvre vers "ce qu'on n'arrive pas à circonscrire". Car pour lui "nul ne sait où mène le poème"...

Sans doute vers "le sacré sans théologie", et vers "la gratitude et l'acquiescement face au monde, au vent, aux pierres, à la mer" qui sont invoqués dans la page de Wikipédia qui lui est consacrée.

Voici un court extrait de son dernier recueil, intitulé "Plus loin dans l'inachevé", publié chez Arfuyen, dit pas l'auteur lui-même dans l'émission de France Culture "Ca rime à quoi"du 29 Mai 2010 :