Point n'est besoin de rolex ou de kärcher, de gadgets électroniques, de repas au Fouquet's ou d'amis milliardaires, pour goûter le bonheur simple des jours qui passent...

Point n'est besoin de pipoles et de medias, de newsmagazines et de traders, de "happy few" ou de "think tanks" pour vivre dignement ...

Voyez où nous ont conduit la raison raisonnante, la technologie débridée et la science arrogante, la volonté de puissance et de conquête, l'avidité financière et l'obsession de la croissance...

Et c'est d'autre chose dont nous avons aujourd'hui grand besoin : de compassion pour la Terre, les plantes et les animaux, de frugalité et de simplicité de vie, de convivialité, d'innocence et de pureté du regard, d'amour du Réel plutôt que du virtuel, de silence et de beauté... Et surtout, surtout : de ce souci inquiet et attentif de l'autre, qui est attribut du féminin...

Tout cela nous pouvons l'entretenir en nous en cultivant un "état de poésie", une autre vision de la vie, que nous enseignent certains poètes et artistes, ainsi qu'en témoigne le contenu de ce blog



dimanche 19 septembre 2010

Mon argent, mon cher argent, mon ami : l'Avare de Molière

Molière dans l'Avare nous montre la folie causée par l'amour de l'argent...On peut trouver quelque modernité dans le propos, en ces temps où l'argent est roi...

Harpagon n'est rien sans son argent : "puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie, tout est fini pour moi".... Harpagon est fou sans son argent : "mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, qui je suis et ce que je fais".... Et enfin Harpagon menace si on ne lui rend pas son argent : "allons vite des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences et des bourreaux, je veux faire pendre tout le monde"...

Cela ne vous rappelle rien ?

Voici un extrait de la magnifique interprétation de Charles Dullin en 1940 au Théatre de Paris :




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vendredi 10 septembre 2010

Regarder la vie avec un regard infini : Saint-John Perse

Saint-John Perse, écrivain et diplomate français ( 1887-1975 ), prix Nobel de littérature en 1960, tenait la poésie pour la plus haute activité humaine.

Ainsi écrivait-il à son propos : "...elle est action, elle est passion, elle est puissance, et novation toujours qui déplace les bornes. L'amour est son foyer, l'insoumission sa loi..."

Et dans une préface aux poésies de Léon-Paul Fargue :

"Les mots, les vers, si libres ou tendus qu’ils soient, si héroïques qu’ils paraissent, ne font que reproduire, en poésie, l’inépuisable vocation de l’homme à outrepasser vainement ses propres limites, à se brûler les ailes en s’élançant vers l’absolu pour retomber toujours. Mais ce qui fait le prix d’une telle impatience est justement la répétition de son envolée, son absence de résignation, cette façon qu’a l’homme de se sentir exister plus vivement dans la déchirure, et de regarder la vie avec un regard infini faute de considérer l’infini avec le regard même de la vie"...

Voici un court extrait du discours qu'il a prononcé lors de la remise du prix Nobel à Stockholm en 1960 :




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lundi 6 septembre 2010

Prière pour aller au Paradis avec les ânes : Francis Jammes

Francis Jammes, poète, romancier, dramaturge et critique béarnais ( 1868-1938 ) aurait voulu ..."être pareil aux ânes qui mireront leur humble et douce pauvreté à la limpidité de l'amour éternel"...

Les ânes, les animaux, les pierres furent les amis de ce poète de la vie simple et du Réel, dont Robert Mallet a pu dire : "...ce don qu'il possède de communiquer avec l'âme secrète des choses le porte à compatir non seulement à la souffrance présumée d'un épi de blé malade, mais aussi à celle des pierres que l'on casse au bord des routes".

Et ne disait-il pas :"Je veux emplir mon coeur du Coeur des animaux" ?...

Voici sa "Prière pour aller au Paradis avec les ânes" dite par Jean Negroni ( disque Adès : Les Poètes de France ) :




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