Point n'est besoin de rolex ou de kärcher, de gadgets électroniques, de repas au Fouquet's ou d'amis milliardaires, pour goûter le bonheur simple des jours qui passent...

Point n'est besoin de pipoles et de medias, de newsmagazines et de traders, de "happy few" ou de "think tanks" pour vivre dignement ...

Voyez où nous ont conduit la raison raisonnante, la technologie débridée et la science arrogante, la volonté de puissance et de conquête, l'avidité financière et l'obsession de la croissance...

Et c'est d'autre chose dont nous avons aujourd'hui grand besoin : de compassion pour la Terre, les plantes et les animaux, de frugalité et de simplicité de vie, de convivialité, d'innocence et de pureté du regard, d'amour du Réel plutôt que du virtuel, de silence et de beauté... Et surtout, surtout : de ce souci inquiet et attentif de l'autre, qui est attribut du féminin...

Tout cela nous pouvons l'entretenir en nous en cultivant un "état de poésie", une autre vision de la vie, que nous enseignent certains poètes et artistes, ainsi qu'en témoigne le contenu de ce blog



mercredi 26 mai 2010

Devenir de plus en plus humain : Malcolm de Chazal

Malcolm de Chazal, le grand poète mauricien, ne prenait pas de gants pour dire ce qu'il pensait, combien il détestait les mauriciens ses compatriotes, et combien il lui était difficile de "plaire aux autres"...

"Je suis venu sur terre pour devenir ce que je suis", aimait-il à répéter, c'est à dire pour devenir "humain" : "moi je progresse en devenant de plus en plus humain. Eux ils progressent en devenant de grands hommes, de grands généraux, de grands êtres, c'est à dire qu'ils progressent vers des complexes de superiorité dans l'abstrait"...

Voici un court extrait de ce message aux humains, tiré du CD "Les grandes voix du Sud" de Frémeaux et associés :


dimanche 23 mai 2010

Illusion de la pensée : Fernando Pessoa

"La réalité n'a pas besoin de moi"aimait à dire Pessoa, préfigurant peut-être ceux qui pensent aujourd'hui que l'anthropocentrisme a vécu, et que l'homme se trompe non seulement en imaginant être le centre du monde, mais aussi en pensant que le monde est tel qu'il l'imagine, ce qui est une forme supérieure de l'anthropocentrisme.

D'ailleurs dans le "Traité de la négation" n'écrivait-il pas : "Toute la création est fiction et illusion. La matière est une illusion pour la pensée; la pensée est une illusion pour l'intuition; l'intuition est une illusion pour l'idée pure; l'idée pure est une illusion pour l'être. Dieu est le mensonge suprême"...

Voici un extrait de l'un de ses premiers livres, publié en 1914, "Le Gardeur de troupeau", où il exprime déja cette révérence pour la non-pensée :

mercredi 19 mai 2010

L'horreur de tuer des animaux : Alphonse de Lamartine

Lamartine a toujours eu une sainte horreur des bouchers, pensant qu'il y avait "quelque chose dans l'état de boucher de l'état de bourreau", ce qui rejoint d'aileurs des réflexiosn plus récentes d'écrivains comme Issac Bashevis Singer sur le parrallèle qui peut être fait entre les élevages industriels et les camps d'extermination des juifs...

C'est ainsi qu'il écrit : tuer des animaux pour se nourrir...c'est une de ces malédictions jetées sur l'homme soit par sa chute, soit par l'endurcissement de sa propre perversité"

Voici un court extrait à ce sujet de ses "Confidences" ( Livre IV, Chapitre VIII ) dit par Augustin Brunault sur le site www.litteratureaudio.com :

vendredi 14 mai 2010

Etre en communion avec la vie : Malcolm de Chazal

Malcolm de Chazal, peintre et poète mauricien, né en 1902, fût encensé par André Breton et les surréalistes, avant d'être un peu oublié.

Mystique, inspiré par Swedenborg, il s'inquiétait de "l'harmonie inexistante" menaçant le monde, et prônait "la fin de la séparation dualiste de l'homme et du monde"

Pour lui le changement de conscience nécessaire passait par "être en communion avec la vie" : c'est ce qu'il explique dans l'extrait ci dessous, où contemplant un arbre par la fenêtre il nous dit "je prends l'arbre en moi"

Voici cet extrait du CD "Les Grandes Voix du Sud" de Frémeaux et Associés.


dimanche 9 mai 2010

Beauté de la simplicité : Le Clézio - L'inconnu sur la terre

Jean-Marie Le Clézio a écrit son essai "L'inconnu sur la terre" en 1978 ( publié chez Gallimard cette même année ). Nous avons déja publié un extrait de cette méditation magnifique sur la beauté. En voici un second extrait, qui parle du lien entre beauté et simplicité.

Où l'on apprend que la beauté est "hors des lois et du langage", qu'il n'est pas besoin "d'ascèse ou de religion" pour l'approcher, et surtout qu'elle est à chercher dans la simplicité, dans la capacité à porter sur le monde un regard d'enfant, en évitant "la fausse complication cérébrale des adultes"...

En voici un court extrait :

samedi 1 mai 2010

Prendre soin des petites choses : Imane de Genève

Il y a à Genève, derrière la gare, un lieu d'habitat communautaire, un ancien squat devenu plutôt "comme il faut", l'ilôt 13, où pourtant encore bien des expériences alternatives sont menées.

Par exemple celles d'Imane, qui - entre autres nombreuses et créatives activités - avait décidé d'acclimater dans la grande cour de l'ilôt, sorte de vaste terrain vague, quelques modestes plantes sauvages poussant ça et là, à la va comme je te pousse, des lichens, des champignons, et quelques vers de terre...tout un petit écosystème.

Activité bien féminine et bien innocente direz-vous...et pourtant quelques fanatiques locaux de la propreté n'ont pas hésité à faire justice eux-mêmes et à mener des expéditions de destruction de ces modestes représentants de la nature sauvage, ne supportant pas cette "vermine", et lui préférant quelques tristes plantes décoratives achetées en jardinerie, du genre hybride F1.

La nature sauvage et la liberté font toujours tellement peur aux hommes...

Voici un court extrait du témoignage d'Imane, diffusé dans l'émission Terre à terre de France Culture le 1er Mai 2010 :